| 27 Fev. 2001 Version Anglais. Jaimerais tout dabord remercier le député à lAssemblée nationale de Nelligan, Russell Williams, de mavoir invité à prendre la parole aujourdhui. Je madresse à vous confiant en lavenir parce que ce n'est que par le dialogue lors de réunions comme celle-ci que nous atténuerons les problèmes causés par la légalisation du jeu. Chez Viva Consulting, en mon titre déducateur, de défenseur du consommateur et de spécialiste en stratégie de réduction des préjudices, je ne suis ni pour ni contre les jeux du hasard. Mon but est de créer un environnement plus sûr pour le consommateur en transmettant de linformation par les médias, les symposiums et les conférences publiques, telle que celle-ci, traitant des dangers de jouer de façon irresponsable. Lune des fonctions de mon mandat est de faire pression auprès du gouvernement pour quil offre, au moyen des soins de la santé, un traitement gratuit qui soulagera les dommages causés par lindustrie du jeu à un taux croissant de la population. Certains insistent que seulement deux pour cent de la population sont des joueurs pathologiques. Jai de la difficulté à accepter le mot seulement alors que nous parlons de la vie des gens. En septembre 2000, le service de la santé publique de Montréal publiait les résultats dune étude qui révélait que presque 15 000 Montréalais sont des joueurs pathologiques. Nous savons aussi que si deux pour cent de la population sont joueurs pathologiques, un autre trois à quatre pour cent sont des joueurs à problèmes. La même étude conclut que 43 pour cent de ceux qui jouent aux appareils de loterie vidéo démontrent des symptômes de joueurs excessifs. À titre de porte-parole de défenseur du consommateur, je serais très négligent si je ne soulignais pas le fait que chacune de ces victimes entraîne un effet direct ou indirect sur au moins quatre à quatorze autres personnes. Une personne affligée de dépendance touche le bien-être de sa famille immédiate, de sa famille étendue, de ses amis, de ses collègues de travail, etc. Même si nous utilisions le dénominateur le plus bas de quatre personnes touchées, le jeu pathologique porte atteinte à 75 000 personnes, et ce, seulement sur lÎle de Montréal. La province compte 15 221 appareils de loterie vidéo dont 4313 à Montréal. Par conséquent, les quelques 11 000 unités à lextérieur de la ville créeraient un autre 35 000 joueurs pathologiques plus (utilisant le facteur de quatre) 140 000 autres personnes touchées, pour un total de 250 000 personnes. Ce total est un minimum. Cette étude demandait dimporter un moratoire immédiat sur le nombre dappareils de loterie vidéo et le nombre de sites de vidéo poker. Loto-Québec a donc consenti de limiter le nombre de machines à 15 000. En janvier 2001, la Société nationale des chevaux de course (SONACC) a demandé linstallation de 1250 machines à sous pour lHippodrome de Montréal. Je suis convaincu que placer ce genre de machines à lHippodrome irait à lencontre du moratoire sur les appareils de loterie vidéo. Les machines à sous ne sont permises que dans les casinos. Certains croient quon saccoutume moins à des machines à sous quà des appareils de loterie vidéo, mais la principale différence est attribuée au fait que les machines à sous sont moins facilement accessibles au grand public. Cependant, aussitôt que vous placez 1250 machines à sous dans un édifice sur le boulevard Décarie, où se trouvent un immense parc de stationnement et une station de Métro au coin, vous neutralisez cette différence. SONNAC insistera sur le fait que toutes les pistes de course de chevaux dOntario sont munies de machines à sous; il est cependant important de souligner que lOntario na jamais permis linstallation dappareils de loterie vidéo. En Ontario, les pistes de courses de chevaux sont les seuls endroits où quelquun peut jouer sur des machines en dehors des casinos. Permettre à lHippodrome dinstaller des machines à sous équivaudrait à ouvrir un nouveau casino à Montréal. Je suis convaincu, et plusieurs recherchistes et universitaires mappuient sur ce point, quil est temps de faire halte à lexpansion du jeu de hasard. La multiplication des centres de jeux aujourdhui nous pousse à examiner les répercussions sociales de ce phénomène sur la société. Si lon continue à gonfler le ballon, il finira bien par éclater. Il faut prendre le temps dexaminer la situation présente et future avant dajouter dautres sites de jeu. Si dun côté on limite le nombre dappareils de loterie vidéo, il serait illogique dinstaller aussi plus de machines à sous à lextérieur du casino. Nous nous inquiétons aussi beaucoup du fait que lHippodrome et le Casino de Montréal négligent énormément de respecter la loi interdisant laccès aux mineurs. Des recherches effectuées par les universités de Laval et McGill révèlent que les adolescents développent des problèmes de dépendance au jeu à un taux presque quatre fois plus élevé que celui des adultes. Il est excessivement important de réprimer le jeu de hasard chez les mineurs. Aux États-Unis, les casinos demandent à tous ceux qui ont moins de 27 ans de fournir une preuve didentification. Ce problème leur tient à cur mais cela est surtout dû au fait quils soient passibles dune amende de plusieurs millions de dollars par une commission de réglementation. Il est peut-être temps que les casinos du Québec soient aussi passibles de lourdes amendes chaque fois quils acceptent un mineur sur les lieux. Les fonds ainsi récoltés pourraient être versés à des organismes civils à but non lucratif qui se dévouent à la violence envers les enfants, à la faim chez les enfants, aux banques alimentaires, etc. Il est évident que le personnel du Casino de Montréal, dont la responsabilité est de surveiller lentrée des clients en sassurant ne pas admettre de mineurs, ne fait pas son travail. La Régie des alcools des courses et des jeux a pour mandat de diriger et de surveiller les jeux automatiques, les loteries vidéo et les casinos du gouvernement. Ils sont responsables démettre, de suspendre et de retirer le permis des détaillants de boissons alcoolisées et des casinos. Il leur faudrait un financement adéquat pour permettre aux inspecteurs de visiter le casino, lHippodrome et les innombrables bars, salles de billard et de quilles où les usagers mineurs jouent aux appareils de loterie vidéo. Le casino ne devrait pas être dispensé de poursuites judiciaires. Peut-être faudrait-il adopter une loi pénalisant les joueurs mineurs coupables de se trouver dans une propriété interdite, et tout simplement annuler leurs jetons. Peut-être alors le Casino de Montréal perdrait-il sa réputation dans lEst des États-Unis comme endroit où « lon rentre facilement ». Le personnel de sécurité du casino devrait exiger en tout temps une preuve didentification à toute personne de moins de 25 ans. On ne pourrait plus, dans ce cas, dire que les jeunes de 16 ou 17 paraissent plus que leur âge. Nous avons besoin dune campagne publicitaire massive prévenant des dangers reliés aux jeux de hasard. Alors que des millions sont dépensés chaque année par Loto-Québec pour annoncer leurs produits suggérant de façon alléchante que nimporte qui peut devenir millionnaire en jouant à la loterie, très peu est dépensé sur la publicité préventive. Loto-Québec présente une série de commerciaux déclarant « Que le jeu reste un jeu ». Je suis persuadé que ce slogan est nettement inefficace. Le gouvernement a forcé les sociétés productrices de tabac à apposer des photographies et des textes extrêmement graphiques sur les paquets de cigarettes mettant en garde contre laccoutumance au tabac. Certains paquets portent même un avertissement de danger de mort. Le jeu du hasard nest pas moins accoutumant ou mortel pour certaines personnes, et devrait être dénoncé comme tel. Des étiquettes de mise en garde devraient être apposées sur chaque appareil de loterie vidéo, gratteux et billet en ligne. Quand le jeu devient pathologique, ce nest plus amusant. Pour terminer, jaimerais aborder le sujet du traitement des dizaines de milliers de victimes atteintes de dépendance au jeu. La plupart des joueurs à problèmes ne demanderont pas daide avant davoir atteint le fond de labîme émotif et financier. Lorsquils réussissent à rassembler assez de courage pour téléphoner à une ligne d'aide pour joueurs à problème, ils sont dirigés vers des conseillers dont le service est payant. Les joueurs qui en arrivent là, ne peuvent défrayer le coût des traitements. Toutes les provinces à louest du Québec offrent des traitements gratuits. Le jeu compulsif est reconnu comme une maladie et est traité par le régime de santé provincial. La Saskatchewan, par exemple, a à son actif 30 districts de santé dont chacun a au moins un conseiller formé pour le traitement de jeu compulsif. Une personne qui a besoin de thérapie verra un conseiller dans les 48 heures. Dans un cas durgence, elle pourra même le consulter le même jour. Tout ce dont le patient a besoin est une carte du service de la santé provincial en règle. Même si le traitement ninclut pas lhospitalisation, il existe une entente avec une institution à Lloydminister, en Alberta, qui offre un traitement gratuit aux patients qui sont recommandés par la Santé mentale de Saskatchewan. Le Québec noffre ni traitement gratuit, ni traitement avec hospitalisation pour les non francophones. Viva Consulting est unique par le fait quil ne soccupe que des questions reliées au jeu de hasard. Nous ne nous concentrons que sur le problème relié au jeu, et le gouvernement du Québec choisit pourtant de nous ignorer et de se passer de notre expertise. Les lettres que jécris à Bernard Landry sont acheminées à Gilles Baril qui, à son tout les achemine à Robert Faulkner. Celui-ci les ignore ainsi que la myriade de messages téléphoniques que je lui ai laissés au cours des derniers cinq mois. On nous dit que ce gouvernement a engagé 44 millions de dollars à la prévention et au traitement des problèmes de jeu au cours des cinq prochaines années, mais comment cette somme sera-t-elle dépensée? Quand sera-t-elle distribuée et à qui? Les gouvernements à travers le Canada ont créé un méga problème en légalisant le jeu mais, alors que les autres gouvernements tentent de minimiser les dégâts, ce gouvernement manifeste tous les symptômes de dépendance. Il est accoutumé aux revenus générés par le jeu de hasard. Dabord, il nie le problème, ensuite il ignore complètement les conséquences. Il est grand temps que les citoyens interviennent et forcent le gouvernement à admettre quils jouent un jeu dangereux et que même une vie perdue est une vie de trop. |
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